C'est en fait, une Dauphinoise camionnette de 1957. Comme vous l'explique clairement Marc.Sliwowski, on l'appelait Dauphinoise car elle était équipée du moteur de Dauphine. C'était un Ventoux de 845 cm3 développant 24 chevaux. La première immatriculation est enregistrée en date du 15/10/57 à la préfecture de Saône-et-Loire. Deux ans plus tard, c'est mon oncle, agriculteur, qui la rachète. Elle venait en remplacement d'une vraie Juvaquatre camionnette.

La 1 ère Juva de mon oncle, mais celle là je ne l'ai pas connue.

Voici la Juvaquatre qui a été remplacée par celle qui suit dans cet article.Elle était mue non pas par un moteur de Dauphine mais un quatre cylindres à soupapes latérales.

A cette époque, il fit installer un kit de glaces latérales et poser un siège arrière pour transporter 4 personnes. C'est d'ailleurs la première voiture dans laquelle je suis monté puisque c'est elle qui m'a ramené de la maternité.

le gamin au milieu, c'est moi sur les genoux de mon oncle
La juva en 1961, une autre en arrière plan

Elle servit ainsi de voiture principale jusqu'en 1966, date à laquelle mon oncle la remplaça par une R4. Le début de la fin était là.

Elle devint la deuxième voiture, celle qui sert à tout faire. Elle servait aux transports d'animaux morts ou vifs, de graines, de foin, de lait, etc. Le lait, qui se renversait de temps à autre, la faisait pourrir. Elle fut ainsi utilisée jusqu'en 1975 / 76, puis refusant souvent de démarrer, elle fut mise de côté, mais à l'abri.

Gaby moi-même Nicolas Un IH F135D, une 125 Motoconfort, la Juva
En 76, c'est le groupe qui était cadré, pas la Juva

Ensuite mon frère Nicolas, notre copain Gaby et moi-même l'utilisions sur les "chemins de champs" via la route goudronnée… et suivant nos disponibilités financières pour acheter l'essence. L'entretien se faisait avec les moyens du bord. Les bougies provenaient de la R4, les batteries de droite et de gauche, mais toujours au-delà de la fin de vie. L'huile tournait en cycle fermé. Elle gouttait par le palier avant, était récupérée dans un bidon coupé dans le sens de la longueur et attaché sous le train avant avec des fils de fer et périodiquement nous la reversions dans le moteur après l'avoir filtrée au travers d'un entonnoir à tamis.

Par la suite, nous avons amélioré le principe, c'était l'huile de vidange des tracteurs agricoles diesel qui servait pour la vidange de la Juva. Une voiture à nous, dès 16, 17 ans, le rêve quoi. Tout au cours de ces années, elle n'a jamais été abîmée. Nous l'avons amenée ainsi jusqu'à notre majorité bien avancée et c'est en 1981 que nous avons débuté sa restauration.

On avait notre voiture ... mais pas le permis
2011, nouvelle jeunesse pour la Juva. La voilà qui sort sur un calendrier. Et pas n'importe lequel, sur celui du facteur. De quoi la faire rougir. Si elle avait su ça il y 53 ans. Elle ne l'aurait jamais imaginé.

 

 

 

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